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mardi 17 mai 2011

Elysian Fields, le Café de la Danse, 17 mai 2011

Aux ambiances feutrées et mélancoliques du superbe The Afterlife sorti en 2009 succède cette année un nouvel album d'Elysian Fields plus rythmé, presque enjoué, bien que toujours hanté par les thèmes souvent sombres tenant à cœur au duo new-yorkais. Il n'est donc pas étonnant que ce concert à la setlist majoritairement constituée de ces nouveaux titres se pare de sonorités plus électriques que lors de la précédente tournée, même si comme à son habitude la musique d'Elysian Fields se moque volontiers des catégories et des étiquettes, naviguant parfois au sein du même morceau entre rock, jazz, chanson, guidée par la voix toujours renversante de Jennifer Charles et la virtuosité jamais envahissante d'Oren Bloedow. Bataillant avec une guitare acoustique défaillante, Oren raconte que Jean-Louis Murat lui avait un jour déclaré que le public aimait Elysian Fields pour leur statut d'underdogs, de groupe culte un peu obscur et désargenté. Nous nous permettrons de contredire cette affirmation en disant qu'on les aime avant tout pour la beauté vénéneuse de leur art, et en souhaitant qu'un public plus large y succombe à son tour.


Photos (C) GH

mercredi 15 décembre 2010

Martina Topley-Bird, Café de la Danse, 14 décembre 2010

Sur son dernier album en date Some place simple, Martina Topley-Bird tente de recréer l'ambiance intimiste de ses concerts en interprétant sans artifices sonores les titres découverts sur ses deux (excellents) premiers disques. Le résultat a beau être réussi, il faut absolument la voir sur scène en chair et en os, flanquée de son fameux comparse multi-instrumentiste déguisé en ninja, pour saisir toute la beauté et la magie qui se dégage de sa musique.

Sur la scène d'un Café de la Danse plein à craquer, Martina semble, dans un premier temps, un peu moins à l'aise qu'à l'accoutumée ; peut être à cause de problèmes de sons récurrents, ou de la présence de plusieurs caméras en vue d’une captation vidéo. Fort heureusement on retrouve par la suite la Martina des grands jours, avec un registre allant de la comptine douce-amère au rock le plus décapant (terrible version de «Black Steel »); et en guise de cerise sur le gâteau, le naturel désarmant avec lequel elle s'adresse au public dans un français quasi-parfait.

En écoutant ses bluffantes reprises des Stranglers (Golden Brown) et de Kate Bush (Army dreamers) on se dit que Martina Topley-Bird s'inscrit désormais dans la lignée des grands noms de la pop anglaise, avec un univers qui par sa singularité et sa richesse n'a plus rien à envier aux groupes avec lesquels elle a pu collaborer par le passé.

Martina et Ninja concluent leur set sur une note festive avec un lâcher de ballons dans la salle qui occasionnera une joyeuse pagaille; une façon agréable de terminer une année riche en concerts d'exception pour l'auteur de ces lignes. Rendez-vous en 2011 !

Photos (C) GH