mercredi 16 novembre 2011

Elbow, Le Bataclan, 15 novembre 2011


En 2009, Elbow venait promouvoir The seldom seen kid dans un Bataclan à moitié vide. Deux ans plus tard, il y a heureusement nettement plus de monde du côté du boulevard Voltaire pour cette nouvelle date parisienne, même si une bonne partie du public est toujours constituée de fans anglais ravis de voir leur groupe fétiche dans un endroit à dimension humaine, car Elbow bénéficie, rappelons-le, d'une énorme côte de popularité outre-manche.

Un succès qui s'explique sans mal par la qualité constante de leurs albums mais aussi par la chaleur humaine qui se dégage de leurs prestations scéniques, Guy Garvey aimant plaisanter avec les spectateurs et instaurer un climat détendu entre les morceaux. Ce qui n'empêche pas le groupe d'arracher des frissons sur le touchant Some riot ou sur un Neat little rows beaucoup plus puissant que sur disque. On pourra éventuellement reprocher à Elbow de s'être légèrement empâté avec l'âge, l'ajout de cordes arrondissant un peu trop les angles d'un son autrefois plus aventureux et abrasif. Leurs compositions demeurent imparables, majestueuses, et à l'instar des oiseaux dont il est question dans la chanson ouvrant leur dernier opus, Elbow plane, tout là-haut, bien au-dessus de la concurrence.

Photos et vidéos (C) GH


lundi 7 novembre 2011

Lana Del Rey, Le Nouveau Casino, 7 novembre 2011


Setlist : Without you / Born to die / Blue jeans / Radio / Million dollar man / Video games / You can be the boss / Off to the races

En fait de concert, cette première prestation parisienne de celle qui met internet en émoi depuis cet été tenait davantage du showcase gentillet : 30 petites minutes devant un public en partie constitué d'invités du métier, une façon de préparer le terrain pour la sortie l'an prochain d'un album faisant d'ores et déjà l'objet de toutes les attentions de la part d'une industrie musicale exsangue. Pas sûr que Lana Del Rey soit la future icône pop susceptible de relancer la machine à générer les dollars : le somptueux Video games apparait comme un heureux accident de parcours à l'écoute du reste de son répertoire, entre pop eighties légère (Born to die) et soul également très light (You can be the boss), avec dans le lot quelques refrains catchy, certes, mais rien que l'on n'aie déjà entendu, en mieux, ailleurs. Au-dessus de la scène défilent des images de vieux films hollywoodiens et d'idoles américaines du passé, une tradition dans laquelle Lana Del Rey semble vouloir s'inscrire de manière un brin artificielle, tant la jeune femme semble peu sûre d'elle en live, à des années-lumières de la diva intrigante qu'elle incarne dans ses clips. Le chemin pour devenir la "gangster Nancy Sinatra", telle qu'elle aime à se définir, parait encore long ...


Photos et vidéos (C) GH




jeudi 3 novembre 2011

Get up, I feel like being a ...


Nous sommes en 1983 et pour de nombreux jeunes français les minutes s'écoulent lentement devant le téléviseur familial pendant que défilent sur le plateau de Michel Drucker les pires ringards du showbiz français (de "véritables variétés verdâtres" aurait dit Nino Ferrer). Le supplice de l'émission destinée aux parents s'achève enfin , et la deuxième partie de soirée démarre avec les tant attendus "Enfants du rock". Au milieu de la programmation va débarquer une fois par mois un véritable OVNI : "Sex Machine" est l’œuvre des deux compères ayant déjà secoué les kiosques à journaux depuis le milieu des années 70 avec le génial "Métal Hurlant", Jean-Pierre Dionnet et Philippe Manoeuvre. Passionnés par le funk, la soul et le rap balbutiant, ils offrent enfin une tribune à ces genres musicaux totalement absents jusque là des chaines hertziennes, et font découvrir des artistes comme Prince ou Michael Jackson à un large public.

Entre deux clips ou prestations pseudo-live (le playback règne encore en roi à la télévision), on retrouve Dionnet et Manoeuvre aux prises avec Phify, intraitable videur d'une boite de nuit en forme de terre promise où l'on écoute "le nouveau tube de Marvin Gaye" entouré de jolies filles... Humour potache, érotisme très soft et musique au top de la branchitude eighties : la formule fera mouche pendant trois ans avant de s'arrêter brusquement pour des raisons pas totalement expliquées sur les bonus du DVD.

Car, oui, chose encore impensable il y a peu, "Sex Machine" débarque en triple DVD, véritable madeleine de Proust pour les quadras ayant vécu en direct cette période d'explosion du clip comme principal vecteur de promotion de la musique. Loin d'être une intégrale, ce condensé fait l'impasse sur certains passages mythiques, sans doute pour des questions de droits (l'infâme reprise de James Brown par un Bernard Lavilliers costumé façon "Purple Rain" est bien présente, hélas). Les interviews nous rappellent fort justement l'aspect précurseur d'une émission dont on retrouvera ensuite un peu l'esprit sur une certaine chaine cryptée ...

mardi 1 novembre 2011

"En France on n'a pas de pétrole...

... mais on a des idées".

Euh, attendez... en fait non, même pas.

Pendant ce temps Daptone records annonce un nouvel album de Sharon Jones & The Dap Kings...

lundi 24 octobre 2011

dEUS, Le Trianon, 24 octobre 2011

La Belgique semble être un réservoir inépuisable de groupes rock de qualité. La preuve une fois de plus ce soir avec les petits jeunes de Balthazar qui en l'espace de quelques minutes se mettent le public du Trianon dans la poche. Mélodies soignées, arrangements plus ambitieux que la moyenne et belle prestance scénique, voilà le genre de première partie que l'on aimerait voir plus souvent.Les choses se corsent avec les têtes d'affiche de la soirée, l'auteur de ces lignes ayant été catastrophé à l'écoute de leur dernier album en date, Keep you close. Il y a certes bien longtemps que dEUS n'a plus grand chose à voir avec la bande de fous géniaux ayant largement contribué à l'essor de la scène belge dans les années 90. On avait alors l'impression qu'avec eux tout pouvait toujours basculer, partir en vrille d'une seconde à l'autre. Depuis leur comeback dans les années 2000 dans un line-up recentré sur le leader Tom Barman, dEUS a gagné en concision et en efficacité ce qu'il a perdu d'aventureux, mais le groupe restait capable de sortir des albums suffisamment convaincants pour faire illusion. Las, en 2011 dEUS semble se complaire dans les chansons un peu fades, un peu niaises, et il y a donc un gouffre en concert entre ces nouveaux titres que l'on écoute avec une ennui poli et les plus anciens, Instant street demeurant un impressionnant tour de force scénique ou Magdalena prenant toujours aux tripes avec ses paroles poignantes.

L'impeccable rappel constitué de titres du tout premier album vient nous rappeler à quel point ce groupe fut grand, et laisse espérer qu'il saura désenclencher le pilote automatique pour de nouveau nous faire vibrer sur disque, comme il est encore capable de le faire sur scène.

Photos et vidéos (C) GH


vendredi 7 octobre 2011

Brett Anderson, La Machine, 7 octobre 2011

Brett Anderson a toujours été un songwriter prolifique, il suffit de jeter un œil à la pléthore de faces B et inédits présents sur les récentes rééditions des albums de Suede pour s'en convaincre. Ses productions en solo se sont enchainées à toute vitesse ces dernières années, mais l'inspiration semble marquer le pas sur son dernier opus Black rainbows, un peu décevant en comparaison des somptueux Wilderness et Slow attack. Cela se traduit également pour cette date à La Machine par une relative désaffection du public , qui avait pourtant réservé un accueil enthousiaste à la reformation de Suede l'an passé. A moins que ce ne soit tout simplement la faute d'une promotion trop discrète dans les médias musicaux. Toujours est-il que la salle parait plutôt vide quand Brett monte sur scène pour interpréter la quasi-totalité du nouvel album, déployant son énergie et sa ferveur habituelles, ce qui permet de réévaluer à la hausse des chansons un peu fades dans leurs versions studio. Déplorons tout de même la rareté de titres plus anciens dans la setlist, les interprétations de A different place ou The hunted constituant les temps forts d'un concert plaisant mais peut-être un cran en dessous de l'excellence à laquelle Brett Anderson nous avait habitué récemment.


Photos et vidéos (C) GH

mardi 6 septembre 2011

Primal Scream + Little Barrie, La Cigale, 6 Septembre 2011

Les Little Barrie s'étaient fait discrets depuis l'excellent Stand your ground en 2007, officiant en studio pour le compte d'autres artistes (il faut bien vivre). Les revoilà sur scène en première partie de Primal Scream pour défendre leur nouvel album, l'occasion de constater que le trio anglais n'a toujours pas cédé aux sirènes de la hype et continue de délivrer un blues rock efficace aux accents discrètement rétro. Tout juste pourra-t-on déplorer que les nouveaux titres sonnent un peu moins groovy, un peu plus rugueux que leur ancien répertoire. Une agréable entrée en matière en tout cas, avant l'arrivée sur scène des têtes d'affiche de la soirée.

Primal Scream est donc là pour promouvoir la réédition Deluxe (le grand truc à la mode chez les maisons de disques actuellement) de l'album qui marqua un tournant dans leur discographie, le fameux Screamadelica publié il y a 20 ans. Phénomène en Angleterre, moins dans notre beau pays ou l'on était plus occupé à l'époque de sa sortie à placer Roch Voisine et Patrick Bruel en haut des charts (je sais, ça fait mal), Screamadelica a bénéficié récemment outre-manche d'une tournée anniversaire aux moyens conséquents (immortalisée sur un excellent DVD live) alors qu'en France il faut se contenter d'un show un brin plus modeste, mais néanmoins revigorant. Primal Scream ne se contente heureusement pas de rejouer le disque à la note près mais n'hésite pas à partir dans des digressions psychédéliques du plus bel effet, Higher than the sun s'enchainant ainsi avec une reprise hantée de Who do you love portée par un Bobby Gillespie aux allures de prédicateur allumé (mais toujours impeccable dans son costume noir).

Après cette première partie sous le signe de la transe le groupe revient toutes guitares dehors pour une salve de titres tirés de Give out but don't give up. Les lumières se rallument sur un public enthousiaste après ce flashback musical vibrant mais jamais nostalgique de la part de l'une des plus importantes formations britanniques, dont on attend désormais la suite des aventures avec une certaine curiosité.

Photos + vidéos (C) GH