mardi 1 novembre 2011

"En France on n'a pas de pétrole...

... mais on a des idées".

Euh, attendez... en fait non, même pas.

Pendant ce temps Daptone records annonce un nouvel album de Sharon Jones & The Dap Kings...

lundi 24 octobre 2011

dEUS, Le Trianon, 24 octobre 2011

La Belgique semble être un réservoir inépuisable de groupes rock de qualité. La preuve une fois de plus ce soir avec les petits jeunes de Balthazar qui en l'espace de quelques minutes se mettent le public du Trianon dans la poche. Mélodies soignées, arrangements plus ambitieux que la moyenne et belle prestance scénique, voilà le genre de première partie que l'on aimerait voir plus souvent.Les choses se corsent avec les têtes d'affiche de la soirée, l'auteur de ces lignes ayant été catastrophé à l'écoute de leur dernier album en date, Keep you close. Il y a certes bien longtemps que dEUS n'a plus grand chose à voir avec la bande de fous géniaux ayant largement contribué à l'essor de la scène belge dans les années 90. On avait alors l'impression qu'avec eux tout pouvait toujours basculer, partir en vrille d'une seconde à l'autre. Depuis leur comeback dans les années 2000 dans un line-up recentré sur le leader Tom Barman, dEUS a gagné en concision et en efficacité ce qu'il a perdu d'aventureux, mais le groupe restait capable de sortir des albums suffisamment convaincants pour faire illusion. Las, en 2011 dEUS semble se complaire dans les chansons un peu fades, un peu niaises, et il y a donc un gouffre en concert entre ces nouveaux titres que l'on écoute avec une ennui poli et les plus anciens, Instant street demeurant un impressionnant tour de force scénique ou Magdalena prenant toujours aux tripes avec ses paroles poignantes.

L'impeccable rappel constitué de titres du tout premier album vient nous rappeler à quel point ce groupe fut grand, et laisse espérer qu'il saura désenclencher le pilote automatique pour de nouveau nous faire vibrer sur disque, comme il est encore capable de le faire sur scène.

Photos et vidéos (C) GH


vendredi 7 octobre 2011

Brett Anderson, La Machine, 7 octobre 2011

Brett Anderson a toujours été un songwriter prolifique, il suffit de jeter un œil à la pléthore de faces B et inédits présents sur les récentes rééditions des albums de Suede pour s'en convaincre. Ses productions en solo se sont enchainées à toute vitesse ces dernières années, mais l'inspiration semble marquer le pas sur son dernier opus Black rainbows, un peu décevant en comparaison des somptueux Wilderness et Slow attack. Cela se traduit également pour cette date à La Machine par une relative désaffection du public , qui avait pourtant réservé un accueil enthousiaste à la reformation de Suede l'an passé. A moins que ce ne soit tout simplement la faute d'une promotion trop discrète dans les médias musicaux. Toujours est-il que la salle parait plutôt vide quand Brett monte sur scène pour interpréter la quasi-totalité du nouvel album, déployant son énergie et sa ferveur habituelles, ce qui permet de réévaluer à la hausse des chansons un peu fades dans leurs versions studio. Déplorons tout de même la rareté de titres plus anciens dans la setlist, les interprétations de A different place ou The hunted constituant les temps forts d'un concert plaisant mais peut-être un cran en dessous de l'excellence à laquelle Brett Anderson nous avait habitué récemment.


Photos et vidéos (C) GH

mardi 6 septembre 2011

Primal Scream + Little Barrie, La Cigale, 6 Septembre 2011

Les Little Barrie s'étaient fait discrets depuis l'excellent Stand your ground en 2007, officiant en studio pour le compte d'autres artistes (il faut bien vivre). Les revoilà sur scène en première partie de Primal Scream pour défendre leur nouvel album, l'occasion de constater que le trio anglais n'a toujours pas cédé aux sirènes de la hype et continue de délivrer un blues rock efficace aux accents discrètement rétro. Tout juste pourra-t-on déplorer que les nouveaux titres sonnent un peu moins groovy, un peu plus rugueux que leur ancien répertoire. Une agréable entrée en matière en tout cas, avant l'arrivée sur scène des têtes d'affiche de la soirée.

Primal Scream est donc là pour promouvoir la réédition Deluxe (le grand truc à la mode chez les maisons de disques actuellement) de l'album qui marqua un tournant dans leur discographie, le fameux Screamadelica publié il y a 20 ans. Phénomène en Angleterre, moins dans notre beau pays ou l'on était plus occupé à l'époque de sa sortie à placer Roch Voisine et Patrick Bruel en haut des charts (je sais, ça fait mal), Screamadelica a bénéficié récemment outre-manche d'une tournée anniversaire aux moyens conséquents (immortalisée sur un excellent DVD live) alors qu'en France il faut se contenter d'un show un brin plus modeste, mais néanmoins revigorant. Primal Scream ne se contente heureusement pas de rejouer le disque à la note près mais n'hésite pas à partir dans des digressions psychédéliques du plus bel effet, Higher than the sun s'enchainant ainsi avec une reprise hantée de Who do you love portée par un Bobby Gillespie aux allures de prédicateur allumé (mais toujours impeccable dans son costume noir).

Après cette première partie sous le signe de la transe le groupe revient toutes guitares dehors pour une salve de titres tirés de Give out but don't give up. Les lumières se rallument sur un public enthousiaste après ce flashback musical vibrant mais jamais nostalgique de la part de l'une des plus importantes formations britanniques, dont on attend désormais la suite des aventures avec une certaine curiosité.

Photos + vidéos (C) GH


mercredi 20 juillet 2011

The Strokes, Le Zénith, 20 juillet 2011


L'accueil globalement mitigé réservé à Angles n'a pas refroidi l'ardeur du public des Strokes, loin de là. Mieux, leur audience semble avoir encore rajeuni, au vu des premiers rangs en partie garnis de kids qui devaient être occupés à regarder les aventures de Dora l'exploratrice l'année de la sortie de Is this it. En première partie les Cribs délivrent un rock bas du plafond joué de façon trop brouillonne. L'inverse en somme du professionnalisme à l'américaine des Strokes, appuyés il est vrai par un son monstrueux et un lightshow conséquent.


Pour apprécier pleinement ce genre de concert il convient de laisser à l'entrée toute envie de spontanéité, d'improvisation ou de délire scénique. Formaté jusque dans les interventions parlées de Casablancas (Paris je vous aime, vous êtes les meilleurs, bla bla bla...) le show n'a pour autre but que d'enchainer tube sur tube sans aucun temps mort avec une efficacité maximale. La setlist piochant dans les quatre albums du groupe démontre par ailleurs que la discographie post-Is this it du groupe vaut bien mieux que ce qu'en disent les mauvaises langues : les Strokes ont un sacré paquet d'excellents titres en réserve et sont capables de les restituer en live de façon totalement convaincante. Certains chipoteront en sortant sur la courte durée de la prestation des New-yorkais, mais la brièveté faisant partie intégrante de leur esthétique sonore (chansons de 3 minutes, albums de 30) cela est au fond parfaitement logique, et souhaitable : c'était un concert en forme d'uppercut, guère subtil mais imparable.


Photos (C) GH

jeudi 7 juillet 2011

The Velvet Underground revisited, Cité de la Musique, 7 juillet 2011

Quand l'excellent festival Days Off demande à Nigel Godrich, producteur le plus influent du rock indé depuis le milieu des années 90, d'organiser un concert exceptionnel en hommage au Velvet Underground, il décroche tout bêtement son téléphone et demande à quelques potes de rappliquer, des types officiant dans d'obscures formations dont vous avez peut être vaguement entendu parler : Air, Radiohead, Supergrass...

Tout ce petit monde à l'air ravi d'être là et d'interpréter l'intégralité du fameux album à la banane avec en invitées pour les titres chantés à l'origine par Nico, Feist sur un titre, et Anja alias Soap & Skin (qui assurait également la glaciale première partie), sur deux autres. La ressemblance vocale entre Anja et Nico est d'ailleurs frappante et arrache quelques frissons sur I'll be your mirror, l'un des temps forts de la soirée avec un sublime Heroin magistralement interprété par un Gaz Coombes n'essayant aucunement de singer Lou Reed mais insufflant sa fougue et personnalité aux morceaux tout en leur restant très fidèle dans l’exécution. C'est d'ailleurs ce que l'on retiendra de ce supergroupe d'un soir, un enthousiasme réel de se mettre au service du répertoire de l'une des formations les plus importantes de l'histoire du rock.

Photos (C) GH

vendredi 1 juillet 2011

Prince, Stade de France, 30 juin 2011

Voilà, il l'a fait. Alors que certains médias se gaussaient de la "folie des grandeurs" de Prince, que Libé annonçait le matin même un Stade de France "à moitié vide", le plus gros artiste indépendant au monde aura en moins d'un mois, sans le soutien d'une major, sans énorme armada promotionnelle et sans single pourri produit par David Guetta sur les ondes, réussi à rameuter une foule considérable pour un concert certes pas sold out (peu de shows au SdF peuvent se targuer de l'être de toute façon) mais qui demeurera certainement mémorable pour tous ceux ayant fait le déplacement.
Après l'excellente première partie assurée par Sharon Jones and The Dap Kings, brièvement rejoints par Prince à la guitare, on assiste avec stupeur sur les écrans géants à un défilé improbable des clips du Minneapolis Sound des années 80 : The Time, Mazarati, André Cymone and co, tout un concentré de mauvais goût visuel eighties et de funk old school réjouissant pour les fans inconditionnels présents.
A 21 heures Prince et les NPG montent sur scène et attaquent fort avec un DMSR au son monumental. Prince dégaine vite son arme secrète : l'immense Maceo Parker dont les solos de sax seront l'un des bonheurs de la soirée. L'ensemble part dans une énorme jam funk dont l'un des moments forts sera un solo stupéfiant de Prince à la basse, reprenant notamment le riff d'America. Les hits pleuvent sur le stade comme les confettis mauves et or inondant les premiers rangs pendant une très belle version de Purple Rain. Derrière le sourire du patron on ressent malgré tout une certaine tension, peut être due à la pression et l'envie de donner la performance de sa carrière comme il l'annonçait façon méthode Coué sur le plateau de Canal Plus quelques jours avant. Au final ce ne sera pourtant pas le meilleur concert Princier à ce jour, car il manque sans doute un petit quelque chose au groupe l'accompagnant actuellement pour que l'ensemble décolle vraiment dans la stratosphère. Ne faisons pas trop la fine bouche quand même: 2 heures 45 en compagnie de l'un des meilleurs musiciens de la planète, ça ne peut décemment pas se refuser.