vendredi 24 juin 2011

George Clinton & Parliament/Funkadelic, La Machine, 23 Juin 2011

"I have tasted the maggots in the mind of the universe ... I was not offended ... for I knew I had to rise above it all .. or drown in my own shit."
Merci pour tout Monsieur Clinton. Les concerts de P-Funk : peut-être les derniers vrais espaces de liberté qui nous restent...Photos (C) GH

samedi 18 juin 2011

The Divine Comedy, Théâtre de la Ville, 17 Juin 2011


Il y a parfois des artistes dont on apprécie le travail sans forcément prendre le temps d'aller les voir sur scène. Et puis le jour où l'on saute le pas, on se dit que l'on est bêtement passé à côté de quelque chose d'important pendant toutes ces années. C'était en tout cas mon ressenti après avoir vu pour la première fois Neil Hannon en concert solo hier soir. Si la qualité de la discographie de Divine Comedy est indéniable, c'est vraiment en live que le talent phénoménal du bonhomme vous saute au visage. Seul derrière son piano ou à la guitare, Hannon déploie des trésors de musicalité, de narration, d'humour, synthétisant à merveille tout ce que la pop anglo-saxonne à son plus haut niveau peut avoir d'exaltant.
Le concert se divisait en deux parties distinctes, la première dédiée à l'interprétation du dernier album en date Bang goes the knighthood dont la qualité du songwriting colle la honte à la majorités des petits groupes indies survendus par la presse musicale à longueur d'année (bon courage pour écouter du Wu Lyf après ça). Puis après un entracte, Neil revient interpréter divers titres extraits de son vaste répertoire, des plus touchants (Our mutual friend, beau à couper le souffle) aux plus légers, mettant fréquemment à contribution le public, en showman expérimenté.
Deux petites heures qui auront filé à toute vitesse et donné envie de revoir le sieur Hannon au plus vite, car cette fois c'est certain, on veillera à ne pas manquer ses prochains passages sur scène.

jeudi 16 juin 2011

Arctic Monkeys, La Cigale, 16 Juin 2011


Nous ferons court et efficace à l'instar de ce concert à l'ambiance résolument électrique : ceux qui craignaient que les Arctic Monkeys ne s'empâtent un peu à l'écoute de leur dernier opus en date se mettaient le doigt dans l’œil jusqu'au coude et la prestation façon rouleau compresseur de la formation anglaise leur a apporté le plus cinglant des démentis . Alors oui, bien sûr, on aurait aimé que cela dure un brin plus longtemps et qu'Alex Turner and co nous gratifient d'un peu plus de ces douceurs pop à la Cornerstone dont ils ont le secret, mais les Monkeys avaient visiblement envie de faire parler la poudre et après avoir retourné ainsi La Cigale nul doute que leur passage à Rock en Seine fin août face à une audience vingt fois plus nombreuse devrait se montrer assez dantesque.

Photos (C) GH

lundi 13 juin 2011

Bryan Ferry, l'Olympia, 13 juin 2011

Le choix de la salle paraissait évident au vu du titre du dernier album en date de Bryan Ferry. Salle qui n'a malheureusement plus de mythique que son nom car pour le reste, comme trop souvent à l'Olympia, la qualité sonore de la soirée laissait un peu à désirer, ne rendant guère justice à la musique interprétée pendant un concert par ailleurs captivant de bout en bout. Bryan Ferry s'est une nouvelle fois entouré des excellents musiciens présents à ses côtés à la Maison de la Radio en décembre dernier, avec tout de même un ajout de taille en la personne du brillant Chris Spedding à la guitare. La setlist avait de quoi satisfaire les plus exigeants, puisqu'outre les tubes incontournables du répertoire le public eut droit à des titres extraits de The bride stripped bare, du sous-estimé Dylanesque ainsi qu'à une étonnante version de Bittersweet de Roxy Music. De quoi nous consoler que le récent For your pleasure tour de Roxy ne soit pas passé par la France. Des trois prestations scéniques dont Bryan Ferry aura gratifié le public parisien en moins d'un an c'est peut être celle où il se sera montré le plus en voix et le plus dynamique, rassurant ses fans après les rumeurs alarmantes d'il y a quelques semaines. Souhaitons désormais beaucoup de plaisir à celles et ceux qui auront la chance de le croiser pour d'autres dates françaises cet été. For your pleasure, indeed !

dimanche 22 mai 2011

Grant Lee Buffalo, Cirque Royal, Bruxelles, 21 mai 2011

En 1993, Fuzzy révélait un trio emmené par un songwriter extrêmement talentueux nommé Grant Lee Phillips. Avec son mélange de folk mélancolique et de rock heavy dans la lignée des albums seventies de Neil Young, Grant Lee Buffalo arrivait en fait trop tôt, bien avant que des labels comme Fargo ne remettent au goût du jour une vision assez similaire de l'américana. Sorti en pleine vague grunge, le chef d'oeuvre Mighty Joe Moon passe un peu inaperçu, et GLB tente ensuite d'évoluer avec un troisième opus moyennement convaincant. Un ultime album redresse la barre mais l’intérêt du public s'est définitivement émoussé et le groupe splitte dans l'indifférence générale en 1999. Grant Lee Philips s'embarque alors dans une carrière solo comportant quelques pépites (telles que Strangelet en 2008), jusqu'à ce jour de 2011 où l'on apprend avec stupeur la reformation de Grant Lee Buffalo pour une série de concerts ne passant pas par l’hexagone. Qu'à cela ne tienne, direction Bruxelles et son célèbre festival Les Nuits Botaniques pour voir enfin sur scène ce groupe dont on a tant usé les disques...
La belle salle à l'ancienne du Cirque Royal se remplit au compte-gouttes pendant la première partie assurée par Heidi Spencer et son folk un brin trop lisse. Au moins apprécie-t-on l'acoustique parfaite du lieu, un vrai bonheur comparé à la trop fréquente bouillie sonore que nous infligent certaines salles parisiennes. Le Cirque Royal n'affiche pas complet quand déboulent sur scène les vedettes de la soirée, mais le public de connaisseurs et de curieux fera preuve d'un bel enthousiasme tout au long de leur prestation. Il faut dire que le trio se met aisément l'assistance dans la poche grâce à un plaisir de jouer communicatif, entre Grant Lee Philips plaisantant volontiers sur leur statut de revenants des nineties , Joey Peters tout sourire derrière ses fûts, et Paul Kimble martelant les cordes de sa basse comme si sa vie en dépendait. La setlist fait la part belle aux deux premiers albums, tout en évitant soigneusement les titres de Jubilee, enregistré sans Kimble. L'inusable Fuzzy achève de mettre tout le monde d'accord, et le groupe revient pour un copieux rappel s'achevant par une version d'anthologie de Lone Star Song, laissant espérer que cette courte tournée de reformation ne restera pas sans lendemain et qu'il ne faudra pas attendre de nouveau quinze ans pour voir sur scène ce groupe remarquable et malheureusement sous-estimé.

Photos (C) GH

mardi 17 mai 2011

Elysian Fields, le Café de la Danse, 17 mai 2011

Aux ambiances feutrées et mélancoliques du superbe The Afterlife sorti en 2009 succède cette année un nouvel album d'Elysian Fields plus rythmé, presque enjoué, bien que toujours hanté par les thèmes souvent sombres tenant à cœur au duo new-yorkais. Il n'est donc pas étonnant que ce concert à la setlist majoritairement constituée de ces nouveaux titres se pare de sonorités plus électriques que lors de la précédente tournée, même si comme à son habitude la musique d'Elysian Fields se moque volontiers des catégories et des étiquettes, naviguant parfois au sein du même morceau entre rock, jazz, chanson, guidée par la voix toujours renversante de Jennifer Charles et la virtuosité jamais envahissante d'Oren Bloedow. Bataillant avec une guitare acoustique défaillante, Oren raconte que Jean-Louis Murat lui avait un jour déclaré que le public aimait Elysian Fields pour leur statut d'underdogs, de groupe culte un peu obscur et désargenté. Nous nous permettrons de contredire cette affirmation en disant qu'on les aime avant tout pour la beauté vénéneuse de leur art, et en souhaitant qu'un public plus large y succombe à son tour.


Photos (C) GH